La Colline aux coquelicots (effet de mode)

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Un nouvel article, pas bien original. J’ai mis à profit un peu de mon temps libre pour aller voir La Colline aux coquelicots. Je vais donc tenter de faire un bref retour sur cette séance.
Je suis sûr qu’un bon nombre de personnes se sont déjà prêtées à cet exercice, mais tant pis…

Vous ne l’ignorez pas, La Colline aux coquelicots (Kokuriko-Zaka Kara) est le deuxième film de Goro Miyazaki, et le dernier né du studio Ghibli. Je ne m’attarderais pas sur la fiche technique du film, je vous renvois plutôt au site Buta Connection, référence en la matière.
Le film est adapté d’un shoujo manga de Chizuru Takahashi (dessins) et Tetsurō Sayama (scénario) paru en 1980.

Rappel du synopsis (en provenance de Buta Connection)

Dans le Japon des années 60, Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Son chemin va croiser celui de Shun, un intrépide jeune garçon. Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…

Et à part ça ?

Je ne me risquerais pas à de foireuses comparaisons avec Miyazaki-père, je n’en ai pas envie, d’autant plus que la Colline me semble assez différente de la majorité des autres films Ghibli. Si je devais la comparer à d’autres Ghibli, se serait sans doute les plus “réalistes”, Si tu tends l’oreille ou Omoide Poroporo.

Le graphisme est toutefois très semblable aux œuvres précédentes. En même temps, avec Katsuya Kondo au character design, ce n’est pas tellement étonnant. Il a déjà réalisé le design des personnages d’autres films signés Ghibli (dont Kiki et Ponyo). Son travail pour ce film est typiquement dans la lignée des autres films du studio, avec cette apparence des personnages aisément reconnaissable.

Outre les personnages, on a aussi les décors, qui sont joliment rendus. La mer, le ciel (toujours aussi beau). Les bateaux et les bâtisses ne sont pas mal non plus. Très sincèrement, on tient quelque chose de plutôt joli, voire très beau, avec ce côté très artisanal, propre aux Ghibli, où l’on sent le “fait-main”.
L’animation est aussi de bonne facture. Juste un regret : les visages des personnages ne sont pas toujours très bien rendus en matière de mouvements. Le mouvement des lèvres, par exemple, m’a semblé étrange à divers moments du films.

La musique, même si je ne m’en souviens déjà quasiment plus, m’a plutôt touché. D’après mes souvenirs, elle était plutôt belle. Il faudra que je me procure l’OST. Je suis ressorti du cinéma avec l’air de Sayonara no natsu, la chanson du générique de fin, en tête. Utilisée dans les bandes-annonces du film, cette chanson, magnifiquement interprétée par Aoi Teshima (déjà chanteuse dans les Contes de Terremer), est encore plus belle lorsqu’elle st utilisée dans la séquence de fin et le générique).

Histoire et ambiance

L’histoire… bon, ce n’est pas franchement le point fort du film. Pour résumer, on a trois sujets : la vie de Umi dans la pension tenue par sa grand-mère (bref les histoires de famille), la rencontre entre Umi et Shun, leur relation et tout ce que ça implique (bref, l’histoire d’amour) et la lutte des lycéens pour la sauvegarde du Quartier latin, leur foyer, lutte que mène Shun et à laquelle Umi va se retrouver mêlée.
Le problème, plus que la véritable absence d’une histoire prenante, c’est que les éléments de résolution arrive beaucoup trop vite. Un problème est à peine soulevé qu’il est déjà réglé, et hop ! fin du film. C’est presque frustrant. Évidemment,  je ne vais pas spoiler mais on a vraiment l’impression que la majorité des problèmes apparaissent dans les 20 dernières minutes et qu’ils disparaissent dans les 5 dernières.

A défaut d’une véritable histoire prenante, La Colline aux coquelicots bénéficie néanmoins d’une ambiance assez fascinante.
Je commencerai déjà par cette représentation du Japon des années 60, pleine d’une certaine nostalgie, qui se retranscrit aussi dans la musique, qui fait “musique d’époque”, et surtout, dans le personnage de Umi, la tristesse laissée par la mort de son père et son rituel de levée des drapeaux, répété depuis l’enfance. Bref, l’ambiance de la partie “histoire familiale”.
Vient ensuite l’atmosphère liée à la partie “le Quartier latin va être démoli”. Et là, on a quelque chose de vraiment plaisant. Des personnages assez hauts en couleur, comme cet unique membre du club de philosophie, un doux-dingue, ou le club de physique, amateurs d’explosions… La première plongée dans l’univers profondément masculin qu’est cette pension est d’ailleurs particulièrement fascinante : entre les toiles d’araignées, la bicoque du club de philo et tout le bazar, on trouve un lieu, certes bordélique, un vrai capharnaüm, mais néanmoins plein de vie.
C’est le côté extrêmement vivant de tout ce petit monde qui rend cette partie de l’histoire intéressante à mon goût. Il est juste un peu dommage que tout s’arrête aussi vite.

Conclusion

J’avais dit que ce serait rapide, non ?

Pour résumer,  je dirais que La Colline aux coquelicots compense son manque relatif d’histoire digne de ce nom par sa beauté graphique et musicale. Une œuvre emprunte de mélancolie, mais capable aussi de passer dans un registre plus comique.
Après, j’utilise la notion d’”atmosphère” et je pense que si on n’accroche pas à celle de ce film, on ne lui trouve sans doute pas grand chose.
Toujours est-il que ce film me plait autant (voire plus) que certains autres films du studio Ghibli.
Par contre,  je ne suis pas sûr d’avoir vu les coquelicots dans ce film.

Pour de plus amples informations, je vous renvoie à nouveau à Buta Connection.
Sinon, si vous voulez des critiques mieux foutues, plus détaillées, plus en profondeur voyez chez ces différentes personnes : FFenril, Exelen (la fangirl depuis son Antre), Daikichi-san, Tata Simone (sur Linottes) et sans doute bien d’autres que je n’ai pas vu / lu.

A bientôt.

P.S. : Ce blog est désormais visible sur l’agrégateur Sama, et je tiens à en remercier les différents membres.

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